
CALGARY, ALBERTA, 29 septembre 2026 — Un nouveau livre blanc commandé par Fonds Rocket Canada demande au Canada de placer les droits des enfants et des jeunes au premier plan de la façon dont nous créons, finançons et encadrons leurs médias, tout en prenant des mesures urgentes pour faire face à la crise qui touche le secteur canadien des médias pour enfants et jeunes, un secteur essentiel à notre avenir culturel et économique.
Projet rayon de soleil : Les droits des enfants dans les médias jeunesse canadiens appelle à une approche « Équipe Canada » afin de bâtir un avenir plus solide pour les médias canadiens destinés aux enfants. Le rapport révèle que 85 % des membres de l’industrie, tant anglophones que francophones, estiment que le secteur est en crise ou en déclin, tandis que 80 % des francophones décrivent les difficultés financières qu’ils connaissent comme une urgence culturelle nécessitant une intervention immédiate du gouvernement.
« Les enfants et les jeunes ont des droits auxquels le Canada s’est engagé, et nous ne sommes pas à la hauteur de ces attentes. Il est urgent d’agir maintenant », affirme Agnes Augustin, présidente et cheffe de la direction de Fonds Rocket Canada. « Onze chaînes canadiennes indépendantes pour enfants ont fermé leurs portes. Le financement des contenus destinés aux enfants continue de diminuer. Alors que les enfants se tournent de plus en plus vers Internet, les préoccupations en matière de sécurité grandissent tandis que les récits canadiens et autochtones disparaissent. Et nous ne comprenons toujours pas pleinement qui sont les membres de la génération Alpha, ni qui sera la génération Beta. »
Les enfants et les jeunes au Canada consomment de plus en plus de médias sur les services de diffusion en continu, YouTube, les jeux vidéo, les balados et les plateformes sociales, souvent à travers des contenus internationaux qui ne reflètent pas les valeurs canadiennes et autochtones. Pendant ce temps, le financement public et les cadres de politiques continuent de s’appuyer largement sur les modèles médiatiques traditionnels. Bien qu’ils soient décrits comme l’avenir du Canada, les enfants et les jeunes n’étaient pas représentés dans le rapport prébudgétaire 2026 du Comité permanent des finances de la Chambre des communes, qui ne contenait aucune recommandation sur les médias pour enfants ou pour jeunes, ni sur le groupe de travail sur la Stratégie fédérale en matière d’IA. Leur absence est importante alors que l’IA et les médias façonnent de plus en plus les apprentissages, le développement, la santé, le sentiment d’appartenance, l’identité culturelle et la compréhension du Canada chez les enfants. Dire que les enfants et les jeunes sont valorisés et importants pour le Canada ne suffit plus. Ils doivent avoir une place à la table, souligne le rapport.
Kim Wilson, chercheuse principale et auteure du rapport, explique qu’elle « s’est donné pour objectif d’examiner tout ce qui façonne l’industrie » et qu’elle a constaté que les enfants et les jeunes canadiens ne sont pas simplement un public.
« Les enfants sont titulaires de droits, et leur intérêt supérieur doit passer en premier », affirme-t-elle. « Ils ont le droit d’être entendus, de participer à la vie culturelle, à la vie privée et à la liberté d’expression. Les enfants et les jeunes autochtones, ainsi que ceux appartenant à des groupes en quête d’équité, ont le droit de voir leurs besoins linguistiques pris en compte. Ces droits s’étendent aux services numériques, aux algorithmes, aux données, aux appareils, à l’IA et à la conception des plateformes. Les médias ne sont pas qu’un divertissement. Ils font partie de tous les aspects de la vie des enfants, notamment de leur éducation, de leur santé et de leur lien avec la culture. Les enfants ne peuvent pas voter et disposent de peu de pouvoir politique ; nous devons donc amplifier leur voix. »
Le rapport propose une série de mesures à l’intention de l’industrie, des bailleurs de fonds et des gouvernements. Six priorités sont au premier plan :
1. Reconnaître les enfants et les jeunes comme les titulaires de droits qu’ils sont
2. Créer un fonds protégé pour les médias destinés aux enfants et aux jeunes, doté d’une nouvelle architecture
3. Considérer la découvrabilité et le développement des publics comme faisant partie intégrante de l’investissement
4. Renforcer la capacité du Canada à comprendre l’enfance dans un contexte en évolution
5. Rendre les plateformes et l’IA responsables du respect des droits et du développement des enfants
6. Protéger la continuité culturelle grâce aux voies médiatiques francophones et autochtones ainsi qu’à la radiodiffusion publique
Le livre blanc présente 36 recommandations, 137 constats à l’appui et 49 constats clés, notamment :
- L’enfance a changé. Les enfants grandissent dans un contexte marqué par les effets de la pandémie, l’écoanxiété, les bouleversements mondiaux et l’omniprésence des nouvelles politiques, et ils souhaitent des récits ancrés dans l’espoir, l’attention aux autres, la bienveillance et le sentiment d’appartenance.
- Les grandes entreprises technologiques mondiales jouent un rôle démesuré dans la façon dont les enfants canadiens perçoivent ce qu’ils voient et comprennent le monde, sans être responsables du développement de l’enfant, de l’éducation, du divertissement adapté à l’âge ou de la culture canadienne.
- Les enfants et les jeunes ont peu voix au chapitre dans les décisions qui façonnent leurs médias, alors même que les médias, la technologie et l’IA influencent de plus en plus leur apprentissage, leur développement, leur identité culturelle et leur compréhension du Canada.
- Les enfants francophones entendent de plus en plus de français européen sur les services de diffusion en continu et YouTube. Des tests de perception montrent que certains commencent à réajuster leur conception de ce qui sonne « normal » à l’écran, ce qui pourrait contribuer à une insécurité linguistique.
Le Canada a été un chef de file en matière de droits des enfants, tout comme il l’a été dans le domaine des médias pour enfants, et doit redevenir un chef de file, affirme le rapport.
« L’occasion qui se présente à nous est d’adopter une approche Équipe Canada à l’égard des médias pour enfants et pour jeunes, en réunissant les enfants et les jeunes, les familles, les éducateurs, les chercheurs, les créateurs, l’industrie, les collectivités et les gouvernements », affirme Agnes Augustin. « Une approche fondée sur les droits de l’enfant permettrait de créer des contenus canadiens qui répondent aux besoins des enfants et des jeunes et avec lesquels ils peuvent interagir, tout en renforçant notre avenir culturel et économique. Notre pays regorge de talents, et une approche fondée sur les droits de l’enfant permettrait à ce pays extraordinaire de véritablement jouer un rôle de premier plan dans le domaine des droits des enfants et d’honorer nos engagements envers celles et ceux qui représentent l’avenir du Canada. »
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